Il était une fois, une petite gamine, Qui détestait aller à la piscine. Chaque semaine, l’école la forçait à s’y rendre, Mais elle, souvent, aurait préféré se pendre. Pour elle, c’était une torture, une humiliation, De se retrouver presque nue, devant des garçons, Notamment avec un pareil accoutrement, Un bonnet ridicule et un maillot moulant. Pensant que les élèves sans cesse l’observaient, Elle gardait sa serviette tant qu’elle le pouvait, Et ne la retirait qu’au dernier moment, Juste avant de plonger avec soulagement. Une fois dans l’eau, elle se sentait protégée, À l’abri des regards et en sécurité. Quand brusquement, sonnait la fin de l’heure, L’obligeant à revivre sa plus grande terreur. Un malheureux jour, alors qu’elle se faisait discrète, La maîtresse l’obligea à ôter sa serviette, Et à aller chercher, seule, tous les équipements, Sous les yeux moqueurs de trente garnements. Elle obéit, mortifiée et les larmes aux yeux, Et plongea dès que possible, dans l’eau pure et bleue. Elle nagea aussi profond et aussi vite qu’elle le pu, Pour oublier l’affreux moment qu’elle avait vécu. C’est alors qu’elle sentit avec stupéfaction, Ses jambes se transformer en queue de poisson, Et qu’elle réussit, émerveillée, à respirer sans son nez. Elle nagea alors avec sérénité, grâce et volupté. À cet instant précis, s’envola toute sa peine, Tandis que l’enveloppait le son des sirènes.
Fin